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"O Puissante Conquérante!" Cria Salmoneus, en se précipitant aussi rapidement à ses côtés que son corps trapu le lui avait permit. "C'est un tel honneur de vous voir à nouveau! Vous avez bonne mine. Diriger vous sied à merveille. Cela doit avoir un lien direct avec la POUVOIR, pas vrai ?" Babilla-t-il ignorant le regard ennuyé qui vint de l'objet de sa sollicitude. "Oui, en effet, j'adore l'opulence. Et penser que je pourrai me permettre de m'offrir encore plus de confort après que j'aurais reçu tes impôts." En voyant des yeux bleus se fixer sur lui, il sourit faiblement. "Ce qui est plus que juste, ma Guerrière. Impôts que j'ai payés. Vous pouvez vérifier, si vous voulez." "Je vais le faire." "Bien, bien." Dit Salmoneus en caressant sa barbe pensivement, en notant mentalement qu'il devrait parler à son conseiller financier pour qu'il s'occupe de corriger quelques disparités comptables au plus vite. Se forçant à sourire, même en considérant la somme de dinars supplémentaire qu'il devrait envoyer à la Conquérante pour rectifier la situation, il concentra alors son attention sur Palaemon. "Qu'est-ce qui vous est arrivé ?" Dit-il à brûle-pourpoint, ne pensant pas à censurer sa réaction face à la cicatrice de celui-ci. "J'ai la lui ai faite," répondit la Conquérante. "Palaemon a voulu me tuer avant qu'il ne décide rejoindre mes rangs. Je l'ai un peu aidé à prendre sa décision comme tu vois." "C'est ce que vous avez fait, Majesté, et très bien." Dit Palaemon en affichant un sourire ironique. Gabrielle fut estomaquée d'entendre dire que le Capitaine s'était déjà opposé à la Conquérante. Il a changé d'avis. Je me demande ce qui est arrivé. Je devrai harceler Palaemon pour qu'il me raconte ça plus tard. Perdu dans ses pensées, elle fut surprise de sentir des lèvres se poser sur le dos de sa main. "Et qui est cette belle fleur ?" Demanda Salmoneus, ne lâchant pas la main de celle-ci. "Gabrielle." Il sourit. "Un très joli prénom. Je peux vous montrer mes melons dans l'arrière boutique si ça vous chante ?" Les yeux de Xena se rétrécirent, "Salmoneus. Gabrielle est 'mon' oracle. Je te suggère de ne pas trop t'approcher d'elle." Immédiatement sa main fut abandonnée et l'homme émit un petit rire étouffé, faisant attention d'essuyer les paumes de ses mains sur sa tunique. "Bien sûr. Vous devez être fatiguées après un si long voyage. Je vais vous montrer vos quartiers." Avec un sourire convivial, il commença à les mener au travers l'énorme maison en fournissant des commentaires ininterrompus. "Cette pièce donne sur le port et offre une vue imprenable sur le temple. Je vends de jolies petites répliques miniatures de celui-ci," dit-il à l'attention de Gabrielle, croyant qu'elle serait une des acheteuses les plus potentielles pour de telles babioles. "Ils sont faits de véritables pierres Éphésienne." La Conquérante se racla la gorge avec force et Salmoneus se hâta vers le bas de l'escalier en direction du vestibule. Gabrielle jeta un coup d'œil vers Xena par-dessus son épaule et lui sourit, le petit homme était amusant. "Voici la salle à manger. La verrerie a été importée de Babylone. J'ai payé une petite fortune pour ça ! Quand vous remplissez un de ces verres avec du vin, il change de couleur." Xena rit sous cape, "Le verre ou le vin ?" Salmoneus arrêta et considéra la dirigeante, "le verre, bien sûr." "Bien sûr, Salmoneus. Continues." Elle fit un signe de la main vers le vestibule. Ouvrant en grand une porte, il leur montra une autre pièce. "C'est ma bibliothèque. Apparemment, c'est la mode d'en posséder une dans les grandes maisons d'Éphèse. J'ai fais choisir les parchemins par le bibliothécaire, c'est donc les meilleurs rouleaux." "Pourrais-je revenir ici plus tard, Salmoneus ?" Demanda Gabrielle, la voix pleine d'émotion. Elle n'avait jamais vu tant de parchemins en un seul endroit auparavant. Il haussa les épaules, "Certainement. Vous devrez épousseter les chaises par contre." "Vous n'utiliser pas votre bibliothèque ?" Gabrielle fut choquée de cet aveu. "Je passerais ma vie ici." "Hmm … bien … Laissez moi vous conduire à vos quartiers. Je suis sûr que vous êtes fatigués du voyage." Il se retourna et continua, en passant par une embrasure. La Conquérante s'arrêta. "Montres-moi ce qu'il y a dans cette pièce, Salmoneus." L'homme s'arrêta, rit et secoua la tête. "Majesté, c'est juste une pièce de rangement. Vraiment. Rien d'intéressant à voir." "Ouvres." "Puissante Conquérante, ce serait seulement une perte de votre précieux temps à-" "-Salmoneus," gronda sinistrement Xena. Avec un lourd soupir, l'homme replet ouvrit la porte, révélant trois ouvriers qui emballaient des caisses d'expéditions avec des assiettes de porcelaines. Ils semblèrent très étonnés de trouver un grand assortiment de gens debout dans l'embrasure de la porte à les observer travailler. "Vous, voyez juste une pièce de rangement," dit Salmoneus, saisissant la poignée pour refermer la porte. Xena appuya une main contre la porte, la tenant entrebâillé. Avec un regard à son hôte, elle pénétra à l'intérieur et marcha vers les assiettes que les hommes empaquetaient. Elle en fixa une, pendant un long moment, se faisant violence pour se calmer, essayant de se rappeler tous les enseignements de Lao Ma. "Justifie ça, Salmoneus," dit-elle dangereusement. Salmoneus souhaita à ce moment être n'importe ou ailleurs que dans ce monde. N'importe quel endroit serait mieux qu'ici. "Bien, vous voyez, votre Majesté, bien… les gens ici à Éphèse doivent voir à quoi vous ressemblez. Ils ont entendu tant de rumeurs. Aussi. Ai-je pensé que je pourrais vendre ces assiettes décoratives, commémoratives et de bon goût avec votre portrait peint à la main. J'espérais que vous pourriez signer une centaine d'entre elles pour les éditions limitées." En entendant cette explication, Gabrielle et Palaemon se dirigèrent vers les caisses et prirent plusieurs assiettes. Celle qui se trouvait dans les mains de Gabrielle était un gros plan de la Conquérante, une description assez précise des traits lisses de son visage, de ses cheveux d'onyx et de ses yeux bleu ciel. "Pas mal," fit-elle remarquer. Pas autant que la vraie mais tout de même. Palaemon lui montra le plat dans ses mains, une interprétation de la Conquérante à califourchon sur Argo - qui avait été laissé avec regrets derrière eux à Athos. Elle tenait une épée ensanglantée dans une main et son chakram dans l'autre. "Ils l'ont mal reproduit," dit-il en indiquant le chakram sur l'assiette puis celle engainée sur la taille de la Conquérante. "Et le design sur le ses cuirs n'est pas tout à fait exact non plus." "Bien, bien, continuons, voulez-vous ?" Dit Salmoneus, en battant des mains nerveusement et en tentant de les pousser hors de la pièce. Gabrielle ne bougea pas, elle était trop occupée à fouiller les caisses cherchant une autre interprétation. Quand elle en trouva une, elle renifla et se mit à rire en appliquant une main fermement contre sa bouche. Salmoneus savait exactement quelle assiette Gabrielle avait trouvé et il commença à se tourner vers la porte. Il se retrouva stoppé net par un mur inflexible de chair, de cuir et en armure. "Reste avec nous, Salmoneus." Grogna Xena en commençant à se déplacer vers les caisses. "Fais-moi voir ça, Gabrielle." En souriant avec regret, Gabrielle lui tendit l'assiette. Elle observa le rouge écarlate se frayer un chemin sur le cou et le visage de la Conquérante. Celle-ci était couchée sur un lit complètement dévêtu, son épée et son armure traînaient sur le plancher, et de plus on pouvait y lire un titre ' la Femme Guerrière.' "Il est évidemment que c'est l'interprétation qu'un artiste à fait de vos… attributs… puisque je n'ai jamais eus le…" il s'arrêta quand il vit blanchir les articulations de la main qui tenait toujours l'assiette. "Nous ne sommes pas obligées de vendre celle-ci. J'essayais juste d'aider… à adoucir votre… image." "Salmoneus, je m'attends à entendre des bruits de vaisselles qui se brise toute la nuit, me suis-je bien fais comprendre ? Ou tu regretteras ceci encore plus que tes impôts sous-payés." "Comment avez-vous su - ?" Il s'arrêta, avant de complètement s'incriminer lui-même. "Oui, votre Impératrice, mais je crois que nous passons à côté d'une bonne opportunité ici." Xena leva une main, bloquant la vue du visage du petit homme. "N'y pense même pas…" Se retournant brusquement, elle sortit dans le vestibule. Tandis que Gabrielle la suivit, elle chuchota, "Garde-moi un exemplaire de chaque, tu veux bien Salmoneus ?" Il inclina la tête, "Il y a une autre vraiment jolie, je crois que tu l'aimeras." Non repenti, il les rejoignit pour le reste de la visite dans le vestibule et continua le tour de sa maison. *** Même beaucoup plus tard, debout dans la salle de réception de la maison du Proconsul, Gabrielle eut beaucoup de difficulté à ne pas éclater de rire. Elle avait eut ce problème tout du long de la visite chez Salmoneus et savait que cela la hanterait pendant encore un bon moment. Le regard sur le visage de la Conquérante avait été impayable. Son comportement influençait Palaemon qui, en raison de la nature de sa cicatrice faciale, était incapable de complètement déguiser son propre amusement. Intentionnellement il refusait de rencontrer les yeux de la Conquérante, redoutant de s'effondrer de rire, s'il le faisait. Et il n'avait certainement pas l'intention qu'elle le défie à une session de combat vu l'humeur dans laquelle elle se trouvait. La Conquérante pour sa part essayait d'ignorer ses deux subalternes, ce qui était difficile parce que le Capitaine était debout à son côté et Gabrielle debout de l'autre. Elle savait ce qui les faisaient agir de cette façon; elle ne partageait cependant pas leur sens de l'humour. Peut-être cela avait-il été une erreur de vouloir demeurer chez Salmoneus. Ils furent rejoints dans la salle de réception par le Proconsul et ses deux esclaves. Le Proconsul était un petit homme grassouillet. Ses cheveux étaient bouclés, ce qui, accentuait la forme lunaire de son visage. Il portait un peignoir blanc qui lui descendait jusqu'aux chevilles ainsi que des manches qui se terminaient, un peu au-dessus de ses mains potelées. La Conquérante examina l'épave devant elle avec un dédain à peine caché. C'est ce que les autorités romaines permettaient et encourageaient même. Maintenez-les obèses, idiots et bienheureux - au moins ceux de la classe supérieure - et enrayé la rébellion. Construire un empire avec des faibles n'est jamais une bonne idée. Gabrielle huma l'air ambiant, relevant la forte odeur qui arriva dans la pièce au même moment que le Proconsul. Elle examina oisivement son peignoir et nota qu'il obtiendrait beaucoup plus de succès avec une couleur plus sombre. Je remercie les Dieux que la Conquérante ne se laisse pas aller à la décrépitude comme cet homme. Est-ce cela que provoque le pouvoir et la richesse sur certaines personnes ? Un esclave déposa un grand bassin d'eau sur le sol et l'autre s'agenouilla devant la Conquérante. L'esclave étudia le bout des bottes de Xena tandis qu'il attendait l'ordre qui lui permettrait de les enlever et de lui laver les pieds. La Conquérante comprit la signification de ce geste, "Procède." "Attendez," s'écria puissamment Gabrielle, levant une main et stoppant les esclaves qui s'agitaient autour d'elle. "Majesté ?" Xena se demanda ce qui contrariait tant Gabrielle. "Parles". La jeune femme sourit en la remerciant discrètement puis tourna son regard vers le Proconsul. La Conquérante était intriguée par la dureté qui s'était installée sur les traits normalement doucereux du visage de la jeune femme et du changement de son regard. "Proconsul, désirez-vous discréditer la Dirigeante de la Grèce dans votre propre maison et apportez ainsi le déshonneur sur vous, votre demeure et tous Éphèse ?" Demanda-t-elle doucement. Les yeux de Palaemon se rétrécirent, sa main se porta instinctivement sur le pommeau de son épée. Il n'avait jamais aimé le Proconsul, et ce, depuis leur première rencontre et son affection pour lui ne grandissait pas. Si Gabrielle disait que cette belette insultait sa Reine, il ne s'en tirerait pas comme ça. Le front du Proconsul se couvrit de sueur et il prit conscience du sérieux de la situation dans laquelle il s'était mit. Xena n'avait pas bougé, ni même respirer, depuis que la jeune femme aux cheveux d'or rouge avait demandé la permission de parler. Il expulsa un souffle chevrotant et essaya de paraître calme, "je ne comprends pas ce que vous voulez dire. C'est notre tradition de laver les pieds de nos invités." "Pas ceux des invités royaux." Des yeux verts le regardèrent avec défi, et audace dans l'expectative qu'il tente de la contredire. "Vos coutumes dictent que les pieds des invités royaux ne doivent pas être touchés par un esclave. Aucun invités royaux n'est contraints à se faire laver les pieds car ont présume, qu'ils apportent le sol de leur patrie dans votre maison, ce qui est un honneur. Ou dans le cas échéant le maître de la maison doit laver lui-même leurs pieds royaux, pour montrer sa déférence envers leurs souverains." "Comment ?" Balbutia le Proconsul, étonné qu'elle sache tout ça. Il avait planifié que cela allait être son petit secret, quelque chose dont il pourrait se vanter au conseil Éphésien plus tard. Maintenant cela ne semblait pas être un si bon plan. Pas avec cette démone sombre qui le regardait fixement d'un air accusateur. Gabrielle se tourna vers la Conquérante, "J'ai lu cela dans la bibliothèque de Salmoneus. J'ai alors demandé à son domestique si c'était une tradition courante. Il m'a assuré que oui. Je ne voulais pas que vous soyez déshonoré, Majesté." Des yeux bleus et très en colère se tournèrent vers le Proconsul qui était tout à fait pâle maintenant. "Mauvais choix." Dit-elle à Palaemon, "Rassemble la Garde, nous partons." "Immédiatement, Majesté." Palaemon salua la Conquérante. Comme il se retourna, il rencontra les yeux du Proconsul, et lui jeta un regard froid et découvrit les dents, le châtiment promettait mais il savait que cela serait remit à plus tard. L'attention de la Conquérante se concentra sur le Proconsul, qui la regardait comme s'il allait tomber dans les pommes d'un moment à l'autre. En secouant la tête, elle parla d'une voix doucereuse, "je ne t'aurais pas porté préjudice pendant mon séjour ici. Maintenant tu ne me laisse pas le choix. Cependant avant que je ne te tue, il reste peut-être une solution. Fais-toi coopératif durant mon séjour ici et je te récompenserai en préservant ta cité. De l'autre côté si tu persiste sur cette mauvaise pente, je détruirai ta ville. Et ni toi, ni ton armée, ni même Artémis ne serez capable de m'arrêter. Mais soit certain que tu seras puni, je te promets une mort rapide." L'homme tomba à genoux devant la Conquérante, tirant sur l'ourlet de sa cape. "S'il vous plaît, Conquérante… ne faites pas ça." Xena haussa les épaules, tirant sa cape. "Pourquoi pas ? Ne viens-tu pas de m'insulter, d'insulter la Grèce toute entière. Je ne peux pas supporter ça, ni te permettre de ne pas punir ton geste." "C'était une erreur, Conquérante. Une abhéra …" Il s'arrêta, quand il l'a vit commencer à tirer son épée. Ne lui ment pas. "J'ai eu tort. J'ai été stupide." Xena s'accroupit, et posa son coude sur son genou. "Toutes les actions ont des conséquences, Proconsul. Tu t'attendais à ce que ton action me fasse tomber en disgrâce. Mais, au lieu de cela, c'est toi qui es victime de cette disgrâce." "Ayez, pitié." Pria-t-il, les yeux remplis de larmes qui roulaient maintenant abondamment sur ses joues trempées se répandant partout sur son peignoir. La Conquérante rit tandis qu'elle se levait à sa pleine hauteur. Elle secoua la tête, et se tourna pour le laisser à son triste sort et pour qu'il s'inquiète de son destin. Elle était presque certaine que seule cette attente le tuerait. "Majesté ?" Dit doucement Gabrielle comme celle-ci passait à ses côtés en l'ignorant. Autre chose ? "Oui, Gabrielle ?" "La Pitié pourrait être une option envisageable." Gabrielle ignora le Proconsul comme il criait son accord. Je n'ai pas vraiment besoin que tu te ranges de mon côté espèce de crétin, pensa-t-elle en regardant en direction du Proconsul. "Un allié vivant vaut mieux qu'un ennemi mort." Xena fronça les sourcils, en repliant ses bras sur sa poitrine. "Cela dépend de l'allié." Gabrielle dirigea son attention vers l'homme qui la regardait avec des yeux suppliants. "Que connaissez-vous des expéditions en dedans et en dehors de la ville ?" Une étincelle d'espoir enflamma l'homme. "Tout! Je sais tout!" Il essaya d'ignorer l'engourdissement qui s'était emparé de ses jambes depuis qu'il était à genoux. Il n'osa pas se remettre sur ses pieds. Se contraignant à être patiente et à ne pas imiter la colère de la Conquérante, Gabrielle demanda, "Quels genres de choses ? S'il vous plaît, soyez spécifique." "Je sais tout. Ce qui entre dans le port. Ce qui quitte la cité. Que ce soit par la mer ou par les routes. Des permis sont exigés pour des raisons fiscales, je dois tous les approuver. Et cela m'aide à assigner nos gardes sur la route. Par exemple, je sais si une expédition très importante veut se rendre à Miletus alors je peux déployer une plus grande escorte sur notre territoire." Les yeux de Gabrielle rencontrèrent significativement ceux de la Conquérante face à la réponse du Proconsul. Xena accepta le plan proposé par Gabrielle. Gardant les yeux fermement fixés sur Gabrielle, elle s'adressa au Proconsul, "Palaemon viendra ici demain. Si tu réponds correctement à ses questions, tu auras la vie sauve." Xena fit un geste vers la porte, indiquant à Gabrielle que la conversation était terminée. Par-dessus son épaule, elle s'adressa de nouveau à lui, "Et ne pense pas pouvoir te sauver en courant ou bien filer en douce. Je laisserai un escadron ici pour m'assurer de ton intégrité." À l'extérieur dans la cour, la Conquérante referma sa main autour du bras de Gabrielle, et tira la petite femme à l'écart. "Merci, Gabrielle." Les traits de Gabrielle se détendirent et un large sourire apparut sur son visage comme elle examinait la Conquérante. "Ça m'a fait plaisir. Je ne pouvais pas supporter qu'il vous insulte." Non, plus maintenant. Pas quand je commence à te connaître. Et que je découvre une femme que je peux respecter, une femme à qui je peux maintenant parler librement. "Je sais qu'on me prend pour une barbare, même en Grèce." Elle secoua la tête d'un air piteux, "Particulièrement en Grèce." Dans les yeux de Xena, pour un bref instant, Gabrielle put entrevoir la douleur que la Conquérante ressentait face à son peuple qui la détestait. Cela fit battre son cœur inexplicablement pour cette femme, elle-même devrait la détester pour ce qu'elle lui avait fait, mais elle n'y arrivait pas, plus maintenant. Elle ne pouvait plus trouver cette haine en elle. "C'est seulement parce que la Grèce ne connaît pas la dirigeante que je connais." Xena essaya de trouver n'importe quelle insincérité dans les yeux verts qui soutenaient les siens. Tout ce qu'elle y trouva fut le printemps à Amphipolis. Xena essaya de formuler une réplique appropriée, mais s'en trouva incapable. Chaque fois qu'elle commençait à répondre, sa gorge se resserrait et ses yeux la piquaient. Je ne me rappel même pas la dernière fois où un de mes sujets ne m'a pas regardé comme si j'étais un démon sortit des Enfers ? J'ai essayé de tuer cette fille pour avoir eut le culot de parler une fois auparavant et maintenant elle lève la voix pour me protéger. Finalement, elle réussit à dire quelque chose, "j'ai cru comprendre qu'il y avait une troupe d'artistes qui venait…" Je peux à peine parler, et encore moins penser convenablement maintenant. D'où a-t-elle dit que cette damnée troupe venait ? "Perse," fournit Gabrielle en guise de réponse, notant le malaise de la Conquérante. Xena inclina la tête, en resserrant momentanément sa prise sur le bras de Gabrielle. "De Perse oui." Exhalant un profond soupir Xena continua, "je me demandais si tu aimerais les voir performer ce soir. Puisque nos autres plans ont été si grossièrement annulés." "Pensez-vous que nous pourrons y avoir des places ?" Demanda la femme aux cheveux blonds, ne voulant pas se faire de faux espoirs pour ensuite être déçue. Cette fois se fut Xena qui esquissa un de ses rarissimes sourires et qui alluma dans ses yeux une nuance bleue vibrante. "Je pense que je pourrais être en mesure de nous dénicher des billets. Ma réputation de barbare devrait être utile pour accomplir autre chose, qu'effrayer les femmes et les petits enfants." Regardant par-dessus l'épaule de Gabrielle, elle fit signe à Palaemon. "Majesté?" "Une soirée au théâtre est à l'ordre du jour, Palaemon. Prends cinq hommes et prends des dispositions à cet effet je veux de bonnes places pour nous. Et une sécurité appropriée." "Oui, Majesté. Ce sera fait." Je ne pensais même pas qu'elle pouvait reconnaître un théâtre, encore moins y aller. Il choisit rapidement quelques hommes pour l'accompagner et ils se mirent en route. Ce soir ça continue seulement à s'améliorer. Je me demande ce qui peut encore arriver d'intéressant ? |