Enfer au paradis

Chapitre 2




 

A peine arrivée, elle met la télé et cherche un film, en zappant, elle tombe sur la " Fureur de vivre " avec James Dean, il vient de commencer. Bien calée dans les oreillers, elle attend que Marion vienne se coucher. Des idées bizarres lui tournent dans la tête…

Si je ne me réveille pas demain… je n'ai pas encore tout fait ce que je voudrais… il me reste tant de choses à vivre… je ne peux pas mourir maintenant… ma vie avec Marion vient de commencer… on a encore tant de chose à apprendre l'une de l'autre… et ce bébé que l'on projetai de faire ne verra jamais le jour… je dois me battre… ne pas me laisser faire… quitte à en crever, je vais lui faire la plus belle des déclarations… "

Max en est là dans  ses démêlés intérieurs, quand Marion arrive. Elle la trouve les yeux fixés sur l'écran, mais semblant être ailleurs. Sans faire de bruit, elle se couche et pose sa tête doucement sur sa cuisse. Elle sent bien que Max ne lui dit pas tout, elle a si bon appétit d'habitude et là, elle a vu qu'elle faisait un effort pour manger. Normalement  elle ne se couche pas si tôt et passe des heures dans son bain… Elle est sortie bien trop vite… Si elle était malade, elle le lui dirait… Quoi que non, elle ne voudrait pas l'inquiéter inutilement… Mais si c'était grave…

Elle lève la tête pour lui parler, mais quand elle croise son regard le temps s'arrête… C'est le même qu'elle lui a lancé, celui qui l'a fait craquer… Oubliant les mots, elle se rue sur ses lèvres. Max un brin surprise par cette attaque en règle, préfère les gestes à la parole. Les mots d'amour qu'elle voulait  lui dire s'envolent…

" C'est peut-être ta dernière nuit sur cette terre, ne la gâche pas par des mots creux et maintes fois dit, galvaudés pour la plupart… prouve-lui ton amour avec passion et fais de cette nuit la plus belle de sa vie… de ta vie… "

Préférant écouter son cœur plutôt que sa raison, Max s'applique avec patience à respirer…

Lui rendant son baiser, ses mains cherchent la peau douce de sa compagne, passant sous son t-shirt gravant dans sa mémoire les courbes, les textures, les sensations, les zones les plus sensibles qui la font frémir…

Marion n'est pas en reste, sans rompre le contact de leurs lèvres, elle se tourne et s'installe à califourchon sur ses jambes. Leurs caresses se font tendres et passionnées, t-shirt et slips s'envolent… Elles donnent et reçoivent, créent une magie, inventent l'amour… La bouche gourmande de Marion, trace une ligne de ses lèvres à ses seins, joue une mélodie sur les pointes érigées, continue en se changeant en sérénade sur son ventre. Elle sent ses mains descendre de plus en plus bas… L'air devient épais mais pour rien au monde, elle voudrait capituler, mourir d'amour serait bien plus beau… Quand Max sent ces doigts trouver le point sensible, elle ne pense plus… Par vagues successives, elle sent le désir monter… Encore quelques caresses à ce rythme et elle ne tiendra pas… Elle rend les armes dans un long râle de plaisir…

Il lui faut bien plusieurs minutes pour reprendre pied, jamais elle n'a été aussi loin, aussi près de… mourir…

Elle cherche les yeux de Marion, lui disant plus en un regard qu'au long de leur cinq ans de vie commune. Retrouvant l'usage de ses membres, elle la renverse sur le dos. Ses mains parcourent le corps de Marion, retrouvent sa chaleur… Rendant baisers pour baisers, caresses pour caresses, elle l'amène au bord du précipice pour mieux l'en éloigner et revenir encore plus près… Elle voudrait faire durer le plaisir encore et encore, lui prouver qu'elle l'aime de la meilleure des façons… Les gémissements de Marion se font de plus en plus forts, ses gestes de plus en plus désordonnés, dans un dernier sursaut elle crie son nom, son corps se tend et la jouissance l'emporte au paradis du plaisir…

Scellant d'un baiser les promesses faites avec leurs âmes, elles s'endorment enlacées.

Au petit jour, quand la radio la tire de son sommeil, Max sent que son mal s'est aggravé. Elle ne peut presque plus remplir ses poumons. Sortant du lit, sans faire de bruit pour ne pas réveiller Marion pour qui c'est jour de congé, elle arrive à éteindre la musique, mais la cuisine c'est une autre histoire, le couloir fait à peine sept mètres, mais elle doit s'arrêter tous les deux pas pour reprendre son souffle. Se faire un café est une corvée, mais manger est encore plus dur… le temps file et c'est l'heure de partir. Elle engage le combat avec le chemin qui la sépare de sa voiture. Quand elle y arrive, il lui faut au moins dix minutes pour se sentir prête à y aller. Conduire et penser à respirer n'est pas chose facile, mais elle s'en acquitte avec dextérité. Sur le parking du magasin, elle prend conscience qu'elle n'y arrivera pas… Stéphanie passe près d'elle, voyant son teint pâle et ses efforts pour rester debout, elle lui dit de rentrer chez elle, elle préviendra le chef qu'elle est malade.

Après un court remerciement, Max repart mais pas chez elle, elle se rend aux urgences.







Depuis le 14/02/2010