Enfer au paradis

Chapitre 7




 

Il parle pendant ce qui lui paraît des heures du comment, du pourquoi, de sa maladie très rare à son âge, il croit qu'il y a quelque chose d'autre qui a déclenché tout ça. Il lui parle de transfusion puis lâche le mot " Sida ". A ce mot Max croit que sa tête va éclater, comment cela serait possible, elle ne l'écoute plus, trop estomaquée qu'il lui ait dit cela comme ça !

Puis au moment de partir, il lui dit qu'il n'a rien trouvé et que la cause de sa pneumonie est un mystère total.

Max est soulagée, elle n'a rien. Mais une rage folle monte du fond de son être contre ce mec qui l'a laissé croire qu'elle pouvait être séropositive…

Si seulement elle pouvait se lever, malgré le peu de force qu'elle a, elle l'aurait détruit…

Elle essaye de se calmer, mais les mots dansent une farandole dans son esprit et la colère ne la quitte pas.

C'est avec ce regard plein de haine et de détermination que Marion la trouve. Elle n'ose pas s'approcher, elle la connaît. Quand Max est comme ça, il vaut mieux rien lui dire et ne pas la toucher. Elle tire une chaise près du lit et laisse passer l'orage. Elle sait que quand elle sera prête, Max lui expliquera pourquoi, elle est dans cet état… ce qui semble une éternité à Marion, enfin Max lui parle, mais sans la regarder, les yeux fixes sur un point imaginaire. Elle lui dit tout ce que ce crétin de docteur lui a fait subir pour lui dire comme si c'était pas grave " C'est pas ça ". Sa colère fait place à une nouvelle détermination de sortir d'ici au plus vite. Une fois calmée, elles parlent de tout autre chose jusqu'à la fin des visites.

A 19h, on vient la prendre pour l'emmener en chambre, elle n'a plus besoin d'autant d'attention maintenant que le plus dur est passé.

On la met dans une chambre avec une vieille dame qui radote. Super en plus, elle n'aime pas les films, Max voudrait voir " Simeterre " qui passe ce soir mais dès les premières images, la vieille commence à hurler et prend sa bible comme pour se protéger. Elle éteint et plonge dans son jeu, puis s'endort.

A 5h30, une infirmière passe pour lui faire une prise de sang, ils sont malades dans ces hôpitaux !

Impossible de se rendormir, heureusement " Eragon " est là. 7h30, petit-déj, puis visite des médecins vers 9h. Max demande quand elle pourra enfin se lever et surtout quand elle pourra sortir d'ici. La doctoresse reste bien vague sur le délai de sortie, mais qu'elle pourra se lever dès qu'on lui aura enlevé sa sonde urinaire.

Bref, elle n'est pas plus avancée. 11h30, dîner, puis enfin une infirmière vient lui dire qu'elle pourra sortir du lit cette après-midi. Soulagement de Max, elle ne supporte plus Hortense sa chère compagne de chambre. Elle se met à rire toute seule quand elle pense à sa tête quand elle verra Marion l'embrasser sur les lèvres !

Son imagination se débride et elle pleure de rire sous le regard suspicieux de la vieille.

Elle rit encore quand l'infirmière tire le rideau et lui dit de se tenir tranquille sinon, elle ne pourra rien faire. Max s'exécute, elle ne comprend pas pourquoi ca prend tant de temps à enlever une sonde, puis elle se rappelle qu'ils étaient trois pour la lui mettre donc, il y a encore un problème. Philosophe, elle attend que ça passe. Vingt minutes et une seringue plus tard, elle est enfin débarrassée du dernier vestige de son voyage en hélico.

Elle espère que Marion a pensé à lui apporter des habits, elle en a marre des blouses de l'hôpital. On toque à la porte, mais ce n'est pas pour elle. C'est pour Hortense toute sa petite famille. Ils font un boucan d'enfer, elle n'est plus habituée.

Quelques coups légers, enfin Marion fait son entrée. Max se dit qu'il serait bien de choquer un peu cette petite vieille pour lui rabattre son caquet. Peut-être que oui… peut-être que non…

Son désir l'emporte, trop longtemps qu'elle n'a pas goûté ses lèvres… Ignorant les regards réprobateurs, avec l'aide de Marion, elle se dirige vers la salle de bain où depuis ce matin elle rêve de prendre une douche. Ses jambes ne sont pas encore bien assurées, alors elle demande à son amour de rester avec elle. Marion n'est pas très à l'aise mais bon, elles s'aiment, les autres n'ont qu'à s'y faire !

L'eau chaude fait du bien à ses muscles engourdis. Lavée, séchée et habillée Max se sent mieux. Une sortie discrète n'étant pas possible, elles font comme s'il n'y avait personne. Mais une descente à la cafétéria leur parait une bonne idée.

Maintenant que Max est plus libre de ses mouvements, son esprit se met au diapason. Oublié les peurs et les doutes, rire avec la femme qu'elle aime rien ne lui semble mieux. Marion lui demande quand on va la relâcher et pour toute réponse elle a un " Je ne sais pas ".

C'est pas grave, mais la semaine prochaine, elle retourne travailler et elle ne pourra pas venir la voir aussi souvent. Elles ont un peu dépassé l'heure des visites, mais bon, elles ont du temps à rattraper ! Leurs aux revoirs sont difficiles et tendres…

Retourner dans la chambre pour subir le regard inquisiteur d'Hortense ne lui dit rien, mais elle est obligée… Elle prend l'ascenseur et se dirige d'un pas décidé vers la chambre. Quand elle entre, les yeux d'Hortense lancent des éclairs. Max s'en fiche, elle est passée bien trop près de tout perdre pour prêter attention aux débordements religieux de cette petite vieille. Installée confortablement dans son lit, elle attend que passent les heures…

A la visite du médecin le lendemain, elle extirpe l'information de quand elle pourra sortir. Encore une semaine ou deux, Max n'en peut plus, si elle doit rester aussi longtemps, elle va devenir folle. Mais bon, faut ce qu'il faut !

Quand elle annonce à ses parents et à Marion, eux sont soulagés qu'elle ne sorte pas tout de suite et que les médecins soient attentifs à sa maladie qui a failli lui coûter la vie. C'est sûr que Max n'est pas très réceptive, mais cela veut dire qu'elle va déjà mieux.

L'après-midi s'écoule doucement. Dans la soirée, la santé d'Hortense se dégrade, il faut lui mettre un masque à oxygène pour l'aider à respirer. Le bruit de la bouteille déclenche chez Max une cascade de mauvais, très mauvais souvenirs… Une infirmière passe et la trouve dans un état proche de la panique. Elle comprend aussitôt et fait le nécessaire pour calmer Max. On emmène Hortense dans une autre chambre. Max se détend instantanément quand le bruit cesse.







Depuis le 14/02/2010