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Non ! Attends! Gabrielle se précipita hors de son lit; elle préférait ignorer qu'elle avait la tête qui tournait tant qu'elle le pouvait. Elle attrapa un vêtement pour couvrir son corps tandis que son coeur martelait furieusement dans sa poitrine. Xena pense que je - que nous - Oh mon dieu, NON !! Elle vacilla jusqu'à la porte; son ventre vacillait avec elle tandis qu'une autre vague de vertiges l'emporta, surchargeant sa vision avec des petites lumières qui dansaient. Elle serra les dents pour lutter contre la nausée et se força à bouger, consciente que ses symptômes voulaient sûrement dire que sa fièvre s'aggravait. Elle s'en moquait. Elle devait chercher Xena, pour s'expliquer, pour -. La barde s'arrêta brutalement et se rattrapa à l'encadrement de la porte alors qu'une question entra dans son esprit. Attends une seconde... Pourquoi s'en soucierait-elle? Elle n'avait pas le temps de réfléchir. Des cris fusaient dans la pièce au rez-de-chaussée... Des cris qui ne provenaient absolument pas de Xena et qui étaient plus déroutant que rassurant. Gabrielle oublia ses étourdissements et courut dans le couloir; elle ne sentait même pas la rudesse du plancher sous ses pieds. Elle réussit à descendre 2 marches de l'escalier avant que la scène devant elle ne se fige. Taren criait et agitait ses poings serrés devant la guerrière, ce qui était surprenant pour la barde, car elle n'avait jamais vu quelqu'un (autre que Xena bien sûr) être si furieux. Mais ce qui était le plus étonnant pour Gabrielle, c'était le regard de Xena, un regard de choc total, et le fait qu'elle était en train de s'éloigner de la femme enragée et en sanglot, alors que sur son menton coulait un filet de sang. Cependant, le plus surprenant était finalement ce que l'aubergiste criait à pleins poumons. Quand l'esprit confus de Gabrielle réalisa enfin ce qui était en train de se dire, elle eût le souffle coupé. Je rattrapai la guerrière en bas des escaliers. Elle se dirigeait vers la porte et je savais que je devais l'en empêcher, je devais lui expliquer, mettre les choses au clair. Si elle passait cette porte, je savais parfaitement que mon monde allait s'écrouler. " Xena, arrête !!! " Je ne savais pas comment l'arrêter si elle continuait de marcher. Ce n'était simplement pas une possibilité pour moi. Je me moquais qu'Annis regarde toute la scène avec un bras au-dessus du plat qu'elle était en train d'essuyer, avec le torchon sale bloqué dans l'air. Je me moquais que les clients de l'auberge allaient arriver dans trois minutes pour manger et qu'ils allaient avoir droit au spectacle de leur vie. Tout ce qui comptait pour moi, c'était convaincre la guerrière qu'elle n'avait pas vu ce qu'elle croyait avoir vu. S'il vous plaît arrêtez-vous, s'il vous plaît, s'il vous plaît arrêtez-vous... Je ferai n'importe quoi si vous voulez bien vous arrêter et m'écouter juste un moment... S'il vous plaît, s'il vous plaît, Xena, arrêtez-vous !!! Comme par magie, la guerrière s'arrêta d'un coup, la main sur la porte. Lentement, elle se retourna vers moi et je déglutis; ma bouche était très, très sèche. A cause de son regard, je compris que j'allais probablement respirer pour la dernière fois. " Je... Je veux- " Je criai dans ma tête, frustrée par ma propre stupidité et par mes cris d'enfants. Mon Dieu, Taren, crache le morceau! Elle va te tuer ici et tout de suite! Mon hésitation était une erreur. Xena vit ma peur, ma faiblesse. Un sourire diabolique apparût sur son visage et s'avança de trois grandes enjambées vers moi pour ne s'arrêter qu'à quelques centimètres de mon visage. Elle montra les dents pour démontrer sauvagement son pouvoir et s'approcha encore plus près. " Tu la veux, n'est-ce pas? ", cria t-elle. " Et bien, tu peux la prendre! Elle n'est rien pour moi. Rien qu'une banale PUTAIN! " C'était la dernière chose à dire. J'ai senti toute mon hésitation, ma nervosité et ma détresse fusionner à l'intérieur de moi pour devenir une rage incommensurable et je la sentis se déclencher. Je sentis l'inattendu pouvoir déferler sur moi. Je sentis la paume de ma main (qui était tendue) se lever comme si elle était commandée par une autre personne que moi et ensuite j'ai senti la claque que je lui donnai trembler à l'intérieur de moi comme un coup de tonnerre provenant de Tartare. " COMMENT OSEZ-VOUS PARLER D'ELLE AINSI!!! " Je criai sur Xena tout mon venin, la faisant reculer vers le bar. " PENSEZ DE MOI CE QUE VOUS VOUDREZ ! CRIEZ SUR MOI, ARRACHEZ MES CHEVEUX, ARRACHEZ MES YEUX, ECORCHEZ-MOI VIVE SI VOUS LE DESIREZ, MAIS NE REPARLEZ JAMAIS, JAMAIS D'ELLE COMME CELA! " Je savais que j'allais mourir, je le savais. Et je m'en fichais. Totalement. Je m'acharnais sur la guerrière; mes poings étaient serrés et martelaient l'air tandis que je continuais de crier. " CE N'ETAIT PAS CE QUE VOUS CROYEZ! JE NE L'AI JAMAIS TOUCHEE! JE CHANGEAIS SES BANDAGES ET ELLE A COMMENCE A PLEURER! ELLE N'A RIEN FAIT, COMPRIS?! RIEN!! " Des larmes coulaient le long de mon visage. Je ne pouvais les arrêter. Je n'avais même pas essayé. " C'était rien! " Je sanglotai. " Elle n'a rien fait! Vous vous doutez que je sais ce qui se passe? Vous vous doutez que je le vois à chaque instant, dans chaque respiration que vous prenez? Vous pensez que je mettrais cela en danger? Que je le gâcherais? " Je levai mon regard vers les yeux bleus et choqués de Xena; aucune de nous deux ne s'était rendu compte que Gabrielle se trouvait désormais derrière moi sur les marches; la barde, confuse et effrayée, était malgré elle incapable de rester loin de tout ça. Avec un dernier effort et sachant que ma vie était finie, je crachai : " Même si chaque minute qui passe sans que vous lui disiez est gâché et pourri à mes yeux, je sais que vous êtes si amoureuse d'elle que vous donneriez tout, TOUT, si seulement cela avait été ce que vous croyez et si seulement cela avait été vous à ma place?! " La pièce était totalement silencieuse sauf mes gorgées rapides que je prenais pour me calmer. Mes paroles flottaient dans la pièce tel un drapeau ensanglanté et Xena ne faisait que me fixer du regard; du moins jusqu'à ce qu'elle remarque le fantôme d'une femme derrière moi. Gabrielle avait dû bouger, sûrement pour mettre sa main sur ses lèvres tremblantes. Je ne sais pas. Les yeux de Xena sautèrent des miens pour suivre le mouvement et se remplirent de quelque chose que je n'aurais jamais osé imaginer voir ... de la peur. Avec un petit cri de détresse, la guerrière s'éloigna de moi d'un pas, puis se tourna et fuit l'auberge. La barde et moi criâmes en choeur : " Xena ! " J'aurais couru de nouveau après elle si Gabrielle n'avait pas choisi ce moment pour s'évanouir. |