Something more than this

Partie 1 - Chapitre 2




J'étais déjà en bas à mettre de l'eau sur le feu pour le thé quand j'entendis les lourds bruits de pas sur le porche. Je souris un peu. Tout était prêt pour nos invitées royales. Oh, je savais qu'elles n'avaient rien de royal mais c'est comme ça que j'allais les traiter. C'était tout ce qui comptait.

La porte s'ouvrit et le sourire fondit sur mon visage. Dans la chaleur du feu, je me retrouvais à regarder dans ses yeux si bleus qu'ils m'effrayaient. Tout d'un coup, j'étais comme une conne en réfléchissant à comment j'allais l'appeler. Seigneur ? Dame ? Sir ? Quelque chose me dit que n'importe lequel de ces mots allait me faire retrouver à la pointe de son épée.

"Est-ce que je peux vous aider ?" demandai-je derrière le bar.

Celle aux yeux noirs me regarda suspicieusement pendant un moment avant que son masque d'indifférente revint.

"Besoin d'une chambre" dit-elle. "Vous en avez ?"

Juste une ? pensai-je. Intéressant. Je fis le tour du comptoir pour nettoyer une table ou deux.

"Oui" dis-je nonchalamment. "Combien de temps en avez-vous besoin ?" Je regardai au-dessus de son épaule vers l'extérieur où sa jument attendait patiemment sur la route. La blonde s'effondra légèrement sur la selle, protégeant ses blessures mais ses yeux perçants traquaient chaque mouvement de la brune. Regardant plus loin que la femme blessée, je remarquai un petit groupe de villageois, surtout des hommes, regardant mes invitées avec appréhension.

"Une semaine peut-être" dit-elle. Puis, remarquant aussi l'attroupement de villageois, leurs silhouettes défensives et hostiles, elle ajouta "Peut-être pas"

Je sortis sur le porche, souriant à la femme blessée comme une salutation silencieuse. Regardant la foule, je vis l'homme que je cherchais.

"Vous avez besoin de quelque chose, Takis ?" demandai-je.

Il s'avança. "Pas ce matin, Taren. Et toi ?" Son regard glissa de moi vers la guerrière.

"Ben, j'aimerais bien avoir mille dinars mais qui ne voudrait ?"

Des rires nerveux sortirent de la foule et quelques personnes partirent, apparemment plus à l'aise. Je ne les blâmais pas de leur méfiance. Cette femme pouvait être un vicieux seigneur de guerre. En fait, je n'en savais rien, j'avais juste ce sentiment que ni elle, ni sa compagne blessée n'allaient nous faire du mal.

"Ouais" dit l'homme, souriant. Il me connaissait assez pour savoir que je n'étais pas en danger. "Bien, je vais te laisser avec tes pensionnaires, alors"

"A plus"

Takis me fit signe de la main et partit sur la route poussiéreuse vers sa forge. Quelques retardataires essayèrent de l'arrêter, pointant dans ma direction, mais Takis les dispersa facilement. Je savais que je pouvais compter sur lui. Même si je lui avais refusé le mariage sept fois, il était toujours un bon et sage ami.

Je me retournai vers la guerrière. "La chambre est moins chère pour une semaine. Dix dinars au lieu de quatorze, écurie comprise. Est-ce que vous voulez vérifier la chambre ? Voir si elle convient à vos besoins ?"

"Et si ça ne convient pas ? Le prochain village est à deux jours de cheval d'ici"

"C'est vrai" Je ris.

La blonde commença tout d'un coup à tousser et les yeux de la guerrière foncèrent vers elle, remplis d'inquiétude.

"Est-ce qu'il y a un médecin dans cette ville ?"

"Elle est partie à Typhonaea pour aider sa sœur avec son premier bébé" Je regardai la plus petite, sa quinte s'atténua. "J'ai déjà soigné et j'ai assez d'herbes sous la main pour faire un bon cataplasme pour ses blessures. Nous devrions la descendre de cette jument et la mettre dans un lit"

La guerrière fit signe de la tête et sortit cinq dinars d'une bourse à sa ceinture.

"Si nous restons une semaine, vous aurez les cinq autres quand nous partirons"

"Ok. Laissez-moi installer la jeune femme en haut et commencer le cataplasme. Vous pouvez ramener votre monture dans nos écuries. Personne ne va la déranger là-bas" Je fis un signe de la tête vers trois hommes qui nous regardaient "Ils ont mieux à faire"

"Merci" dit-elle, allant au côté de la jeune femme pour l'aider à descendre de la selle. "Viens, Gabrielle" dit-elle doucement. "Il est l'heure de te mettre au lit"

Gabrielle grimaça en glissant dans les bras de la guerrière. "Ça fait mal Xena" chuchota-t-elle.

Xena. Le nom me frappa comme une pierre entre les yeux. La destructrice des Nations. Le seigneur de guerre la plus vicieuse qu'on ait jamais connu. Et je viens juste de lui donner une chambre. Que les Dieux nous protègent.

Je ne le savais pas tout de suite mais ma vie avait commencé à changer.