Something more than this

Chapitre 21




 

Peu après l'aube, Xena monta péniblement les marches vers l'étage et ouvrit la porte de sa chambre sans faire de bruit pour ne pas déranger la barde qui, selon elle, serait encore en train de dormir. Elle jeta un coup d'œil sur le lit défait, s'étonnant de ne pas y trouver celle qu'elle pensait y trouver. Elle se tourna vers la gauche et poussa presque un soupir de soulagement quand elle trouva la silhouette familière de la barde devant la fenêtre ouverte, la lumière du soleil flottant autour d'elle.

 

Lui vint cette pensée inattendue : Dieux qu'elle est belle. Mais la guerrière ne pouvait la réfuter.  Gabrielle était magnifique, là, debout, se faisant caresser par des doigts de lumière couleur miel sauvage, gingembre et pêche; cela lui donnait une apparence brunie, celle d'une sculpture de bronze. Ses cheveux rougissaient et brillaient dans les rayons de soleil, se déversant sensuellement sur son dos, et Xena fût soulagée que la barde ne fût pas en train de dormir, même si elle savait qu'elle devait être exténuée. Elle était contente d'avoir l'opportunité de laisser ses yeux se délecter de sa présence, de laisser sa luminescence apaiser ses souvenirs et nettoyer ses entrailles de la crasse sombre et sableuse qui les recouvrait. Elle était contente aussi de pouvoir le faire sans se faire remarquer ni être vue.

 

" Comment va Taren? " demanda Gabrielle doucement. Xena ferma les yeux, regrettant tout à coup d'avoir passé toutes ces interminables journées à apprendre à la barde à utiliser tous ses sens.

 

" Ca va aller. Elle dort. "

 

Gabrielle acquiesça mais ne se retourna pas. Elle était habillée d'une vieille chemise dans laquelle elle dormait parfois, le bas de la chemise frôlait ses cuisses musclées. Le chuchotement du tissu rêche contre la peau de la barde fit avaler sa salive à Xena de manière convulsive et soudain toutes les choses qu'elle voulait lui dire, tout ce qu'elle avait préparé pendant des marques de chandelle, s'évaporèrent dans la chaleur brûlante de ses insécurités. Elle décida, à la place, de retomber sur le seul autre discours qu'elle avait préparé.

 

" Gabrielle- "

 

" Non. " Ce mot était doux mais non négociable.

 

Xena fit une pause, confuse, et prit sa respiration pour recommencer.

 

" Je suis sérieuse, Xena ", dit la barde. " N'essaye même pas. "

 

Chaque mot tombait comme une pierre dans l'estomac de Xena et son cœur se fissura presque à cause de ces mots tranchants jusqu'à ce que Gabrielle prenne son courage à deux mains et laissa le reste de son avertissement tomber précipitamment en dehors de sa bouche.

 

" N'essaye même pas de t'excuser de m'avoir offert mon rêve. "

 

Silence. Un silence si profond que Xena pouvait entendre le battement rapide du cœur de Gabrielle et l'absence visible de son souffle. Son propre cœur s'emballait tandis que les mots de la barde déferlaient à l'intérieur d'elle, la remplissant d'un sentiment qui était pétillant et complètement inhabituel, comme si elle avait avalé des papillons saouls.  Elle marcha lentement pour se placer derrière la jeune femme et glissa ses bras autour de sa taille.

 

Et elle attendit.

 

Gabrielle se raidit au premier contact de chaleur puis se relaxa et façonna béatement son corps à celui de la guerrière. Xena frôla le haut de la tête de la barde avec ses lèvres puis se blottit contre elle, respirant l'odeur ensoleillée.

 

" Tu vas te retourner? ", demanda-t-elle d'une voix basse et sensuelle.

 

Gabrielle ricana nerveusement. " Um… pas encore. Ca te dérange? "

 

Xena resserra ses bras et la rapprocha d'elle. " Non, ça me dérange pas. "

 

Elles passèrent de longs et langoureux moments à regarder la lumière du soleil suinter sur la place du village et former une flaque entre les bâtiments. Gabrielle tremblait des pieds à la tête.

 

" Tu as peur? " Ce n'était qu'un doux souffle qui chatouillait son oreille mais Gabrielle sentit ses genoux s'affaiblir et son ventre sursauter. Ses yeux se fermèrent petit à petit et elle croisa ses bras sur ceux de Xena pensant qu'elle allait reprendre son équilibre. A la place, de l'étourdissement s'ajouta à la liste de ses symptômes quand elle toucha la peau douce et les muscles lisses et forts sous ses doigts.

 

" Oui ", dit-elle en respirant et en penchant légèrement sa tête en arrière; elle mordilla un peu sa lèvre quand elle sentit la guerrière prendre sa respiration à côté de son oreille. L'odeur de cuir propre, d'herbes médicinales et de baume l'assaillirent, plutôt agréablement, et elle approcha sa tête vers la bouche de Xena inconsciemment.

 

Vint cette surprenante révélation : " Moi aussi. "

 

Gabrielle retint son souffle et prit silencieusement une décision. Elle se tourna doucement dans les bras de la guerrière et leva les yeux pour rencontrer des yeux indigo intenses.

 

" De ça? ", demanda-t-elle innocemment, plongeant ses doigts dans des tresses foncées et soyeuses et fit se baisser Xena; les lèvres chaudes et tendres de la guerrière rencontrèrent les siennes…

 

Sauvez-moi Dieu, pensa Xena tandis que la lumière et la chaleur d'un millier de soleils firent irruption dans son âme. Elle colla Gabrielle contre elle et sentit les lèvres de la barde s'ouvrir telle une incroyable invitation. Xena gémit et intensifia le baiser, sombrant dans ces sensations incroyablement sensuelles, ayant besoin de ce contact comme aucun autre. Quand elle s'éloigna enfin, elles respiraient toutes les deux irrégulièrement. Un sourire magnifique, si ce n'est sauvage, apparut sur les lèvres de Gabrielle jusqu'à ce qu'elle voit que quelque chose n'allait pas dans les yeux de sa guerrière.

 

" Qu'est-ce qu'il y a? ", demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Elle leva sa main et poussa une mèche de cheveux de Xena pour mieux voir son visage.

 

" Je ne suis pas sûre de… " Xena prit une petite respiration pour calmer sa voix hésitante. " Pas sûre de … mériter… ceci. "

 

" Mériter quoi? D'être aimée? "

 

Xena ne répondit qu'en acquiesçant, de la tristesse dans ses yeux.

 

" Tu le mérites. Xena, écoute-moi, tu mérites tout ça. " Gabrielle prit le visage de Xena entre ses mains, ses yeux verts brillaient avec des petits diamants humides.

 

" Et même si tu ne le méritais pas, ça n'aurait aucune importance. Je t'aimerais quand même. " Ses lèvres frôlèrent celles de Xena, ses yeux se fermèrent de nouveau petit à petit par la force de ce qu'elle ressentait.

 

" Je t'aimerai toujours. "

 

Leurs lèvres se rencontrèrent de nouveau, mais cette fois-ci elles étaient plus exigeantes tandis que ces mots libérèrent des années de passion et de frustration. De la chaleur vibrait autour d'elles et à travers elles et quand elles se séparèrent, elles tremblaient toutes les deux.

 

En ne quittant jamais ses yeux, des yeux bleu cobalt qui s'agrandissaient d'anticipation, Gabrielle couvrit les mains de Xena qui reposaient sur ses épaules et les guida, d'une pression douce et insistante, vers les attaches de sa chemise. Ses mains restaient sur celles de Xena alors que la guerrière dénouait chaque attache lentement et quand elles furent toutes dénouées, elle guida les mains de Xena vers le col, pliant des doigts forts et chauds contre le tissu, l'aidant doucement à l'ouvrir.

 

Xena ne respirait pas. Ou plutôt, elle ne pouvait pas respirer. Son cœur martelait à l'intérieur de sa poitrine et même ses lèvres tremblaient. La sensation des petites mains douces de Gabrielle guidant les siennes, plus grosses. Dieu, elle pensait qu'elle allait s'évanouir. C'était une offrande tellement profonde, un cadeau tellement tendre et confiant. Xena savait qu'elle passerait le reste de sa vie à essayer de mériter ce précieux moment.

 

La chemise fût enfin ouverte, rendant Gabrielle nue devant le regard affectueux de la guerrière. Elle voulait sourire quand la femme aux cheveux de jais laissa ses yeux dériver timidement vers le bas. Elle sourit quand ils se fermèrent d'eux-mêmes, accompagnés d'un léger gémissement. Elle remit les mains de la guerrière en mouvement, sur sa clavicule puis vers le bas, sentant des frissons chauds dans le sillage de son toucher. Elle gémit, faisant sursauter les doigts de la guerrière sous les siens.

 

Les deux paires de mains continuèrent leur périple jusqu'à ce Xena sente les doigts de Gabrielle se serrer tandis qu'ils approchaient le crescendo de ses seins. Elle essaya de ralentir, pensant que c'était ce dont la barde avait besoin, mais ses mains étaient fermement guidées. Elle se força à se relaxer, se demandant si Gabrielle sentait les frissons qu'elle essayait désespérément de cacher.

 

Elle prit une très grande inspiration quand elle sentit ses paumes sur de magnifiques seins, les mamelons étaient durs et pressés contre elle. Elle ouvrit ses yeux et essaya de se concentrer sur Gabrielle, découvrant la jeune femme en train de la fixer intensément, ses cheveux en feu dans la lumière dorée du soleil.

 

Gabrielle baissa ses bras et haussa les épaules. La chemise tomba de ses épaules et atterrit à ses pieds d'un soupir. Elle releva ses bras et commença à tirer sur les épingles et les fermetures sur l'armure de Xena, laissa chaque morceau tomber bruyamment sur le sol jusqu'à ce que la guerrière ne se trouve devant elle uniquement vêtue de ses cuirs. Ensuite elle se recula d'un tout petit pas et leva son regard, assombri par son excitation.

 

Xena se sentait comme si elle tombait et qu'elle volait en même temps, enveloppée par le vert profond et infini de ces yeux. Soudain, le monde entier changea, la lumière devint encore plus brillante et tout devint plus clair.

 

C'était un sentiment extraordinaire et incroyable qu'elle n'avait jamais ressenti auparavant. C'était plus qu'un simple sentiment d'amour

 

C'était un achèvement. C'était une plénitude. C'était un tendre désir et un besoin intense. C'était plein d'espoir, confiant, salutaire et terrifiant C'était silencieux et fort en même temps et cela la remplissait de l'intérieur et débordait par ses yeux et son sourire. Elle était pleinement consciente de vouloir ce qui était le mieux pour la barde et en retour, de vouloir ce qui était le mieux pour elle-même. Et cela avait toujours, toujours été Gabrielle…

 

… qui avait presque trouvé la mort sans savoir tout cela.

 

Le sourire de Xena s'évanouit comme un rêve tandis que le souvenir écœurant de Gabrielle étendue, sans défense, sous Phorcys coupait à travers son esprit et son âme. Elle leva une main tremblante sur les blessures à l'épaule de la barde, se souvenant encore de l'angoisse et de la peur qui avait brulé dans son ventre jour et nuit pendant qu'elle attendait que l'antidote du cruel poison fasse effet. Elle se souvenait du vide qu'elle ressentait quand elle pensait qu'elle avait perdu la femme qu'elle aimait pour une autre personne.

 

Le changement chez Xena était palpable et Gabrielle leva son regard vers des  yeux indigo atrocement triste. De chaudes larmes coulaient le long des joues de la guerrière et Gabrielle s'empressa de les essuyer.

 

" Chuuuut… "

 

La bouche de Xena s'ouvrit comme si elle voulait protester mais la barde la couvrit avec ses doux doigts.

 

" C'est fini maintenant ", chuchota-t-elle, laissant son doigt courir le long de la lèvre inférieure de Xena. " C'est fini. Laisse-moi te ramener chez nous… "

 

Les murs du barrage qui retenait tout à l'intérieur d'elle s'écroulèrent sur ces mots et Xena gémit, sa bouche assiégeant celle de Gabrielle, envahissant et conquérant la chair tendre avec abandon. Elle souleva la barde dans ses bras et grogna quand elle sentit des jambes musclées s'envelopper autour de ses hanches. Avec un bras attelé à la colonne vertébrale de la barde, sa main enroulée autour de mèches couleur miel et or, et l'autre bras autour de sa taille, ses doigts étendus sur son dos musclé, elles tombèrent contre le mur, leurs bouches ne se quittant pas.

 

Au bout d'un moment, le baiser commença à ralentir, la passion désespérée cédant la place à un désir doux. Xena se détacha de la bouche de Gabrielle et laissa ses lèvres frôler son menton et ensuite mordiller et taquiner la peau sensible le long de sa gorge et de son point de pulsation.

 

La barde laisse sa tête tomber en arrière, se mordant la lèvre pour s'empêcher de crier de joie. Après un long moment, elle prit conscience que les baisers s'étaient arrêtés et elle ouvrit ses yeux… pour se trouver en train de flotter dans une Mer Egée ensoleillée. Elle laissa ses lèvres se transformer en ce sourire qui n'appartient qu'à Xena, ce sourire réservé uniquement pour la guerrière qui a capturé son cœur.

 

Aucun mot n'était nécessaire.

 

Leurs bouches s'attirèrent dans une exploration longue et sensuelle qui allumait une chaleur liquide chez chacune d'elle, se déversant sur elles avec des vagues leur coupant le souffle. Les hanches de Gabrielle commencèrent à onduler contre Xena, son dos se cambrant dans le but de se rapprocher de la guerrière, des cuisses puissantes se resserrant, des pieds nus se croisant, tenant bon. Avant qu'elle ne réalise ce qu'elle faisait, Xena commençait aussi à onduler, le contact du cuir et de la peau les rendant folles d'envie. Elles gémirent toutes les deux dans la bouche ouverte de l'autre.

 

Gabrielle détacha, à contrecœur, ses lèvres rougies par le baiser et soudain, le monde de Xena se limita à deux petites mains. Des mains qui tiraient avec insistance sur les bretelles en cuirs. Des mains qui se glissèrent sous la dernière barrière physique entre elles, créant un incendie et une tempête dans son sang. Des mains qui déliaient des nœuds de retenue à l'intérieur d'elle et qui enlevaient les morceaux étouffants d'os et de mort autour de son cœur. Des mains qui la rendaient ivre.

 

Xena était complètement perdue, prise dans une tempête si puissante et si délicieuse qu'elle ne pouvait plus se tenir debout. Elle tomba sur le lit avec Gabrielle, leurs bouches se percutant dans un baiser suffisamment profond pour se noyer. Xena accueillait ce sort.

 

Gabrielle se roula comme la mer sous la guerrière, inversant leurs places pour être au-dessus. Elle pencha sa tête légèrement en arrière et grogna quand les longs doigts de Xena s'installèrent autour de sa taille, la tenant fermement tandis qu'elle commençait à bouger ses hanches toujours délicieusement couvertes de cuir. Elle n'avait jamais, vraiment senti quelque chose de si bon, de si parfait.

 

Tremblante, son visage rouge et souriant, elle attrapa une des mains de Xena et la porta à ses lèvres. Elle embrassa la paume ouverte de la guerrière et ensuite l'effleura avec ses dents, prenant plaisir avec les frissons qu'elle ressentait le long de ses cuisses, quelques uns venant d'elle et d'autres de Xena. Inspirée, elle mit deux longs doigts dans sa bouche, enroula sa langue autour d'eux, les suçant, faisant courir ses dents dessus. Elle fut remerciée par un halètement étouffé venant d'en dessous d'elle.

 

" Gabrielle… "

 

Gabrielle laissa les doigts de la guerrière glisser doucement hors de sa bouche. Ensuite elle se mit à déshabiller Xena de ses cuirs et de ses bottes. Elle voulait sentir sa peau contre elle, cette chaleur et passion dont elle avait toujours rêvé. Elle embrassa chaque centimètre de peau de bronze aussitôt découvert, sa langue dessinant des motifs torrides qui rendaient Xena impuissante et d'une joie délirante.

 

Les mains de la guerrière glissaient dans la chevelure de la barde et le long de son dos, massant et tenant fermement, constamment en mouvement face à cet assaut érotique. Elle se délectait des frissons qu'elle ressentait entre les muscles solides et la peau infiniment douce. Quand elles se baladèrent plus bas, glissant sur le charmant fessier de Gabrielle, elle fût surprise par un sifflement de plaisir et par Gabrielle qui lui captura ses deux poignets.

 

" Pas encore, ma guerrière ", respira la barde, emprisonnant les mains de Xena au-dessus de sa tête.  " Toi d'abord. " Sa bouche planait au-dessus d'un mamelon foncé et si dur que le souffle chaud le rendait douloureux.  " J'ai besoin de toi d'abord. "

 

Xena cambra son dos vers le haut, voulant tellement sentir cette bouche soyeuse sur sa peau qu'elle aurait fait n'importe quoi si la barde lui demandait. N'importe quoi. Elle gémit quand la barde la taquinait pendant un long et tremblant moment, gardant sa bouche chaude et mouillée au-dessus de la chair en pulsation. Ensuite elle poussa un cri, une chaleur soyeuse l'enveloppant, la langue de Gabrielle faisant des cercles autour de son mamelon et le mordillant enfin. Elle haleta quand des doigts habiles recréèrent les mêmes sensations sur son autre sein.

 

Xena se mordit la lèvre et ses hanches s'élancèrent en l'air alors que ses jambes s'ouvrirent d'elles-mêmes. Son besoin était devenu désespéré. Son centre désireux et lancinant demandait à être assiégé, avait faim d'une invasion.

 

" Gabrielle, s'il te plait… ", supplia-t-elle, une petite part de son esprit s'étonnant de la facilité de cette action.

 

" S'il te plait quoi? ", dit la barde d'une voix râpeuse, sa bouche s'occupant maintenant de l'autre sein avec un enthousiasme équivalent.  Sa voix était profonde et rugueuse par son propre désir non assouvi et elle grondait à travers le sternum de Xena comme une horde de mustangs sauvages.

 

" Dieux… Prends-moi… ou tue-moi… s'il te plait… " Xena se tortillait sous la torture de la barde, ses hanches remuèrent encore plus fort. La pulsation chaude dans ses lombes était à la fois atroce et merveilleusement inimaginable.

 

Gabrielle se tint immobile au-dessus de la guerrière, la contempla jusqu'à ce que des yeux qui étaient dans le vague et céruléens s'ouvrirent et la contemplèrent à son tour, remplis de peur et d'envie.

 

" Ne te retiens pas, mon amour. Je veux tout ce que tu as à donner. Promets-moi. "

 

Xena lécha ses lèvres puis acquiesça.

 

" Bien ", chuchota la barde, penchant sa tête en avant et touchant les lèvres de Xena avec les siennes. Au premier et léger contact, Xena répondit doucement. Mais quand le baiser de Gabrielle devint plus intense et que sa langue suppliait la guerrière de la laisser entrer dans sa bouche, et se battait pour obtenir le contrôle une fois à l'intérieur. Tandis que le baiser s'approfondissait de nouveau au-delà de ce qu'elle avait connu auparavant, Xena grogna et trois longs doigts plongèrent dans son centre chaud et mouillé.

 

" Mes Dieux ", respira Gabrielle, plongeant une nouvelle fois dans les profondeurs humides de la guerrière, sentant le choc de ces sensations dans son propre centre désireux. Elle posa son front sur l'abdomen plat et musclé pour garder son équilibre, sa bouche embrassant distraitement et léchant de la peau salée.

 

" Tu es si belle….oh, Xena… si douce… " Elle trempa sa langue dans le nombril de la guerrière, provoquant un autre cri étouffé. Ses lèvres voyagèrent encore plus bas, savourant chaque goût, apprenant chaque texture jusqu'à ce qu'elles soient proches de la source des eaux déchainées qui coulaient sur sa main.

 

Elle plongea sa langue à la recherche du petit morceau lancinant dont elle fit enfin la découverte puis rabattit sa langue dessus encore et encore. Elle but le miel épais qui s'écoulait sous ses lèvres, se demandant si elle pouvait en devenir saoule. En tout cas, elle se sentait saoule de quelque chose.

 

Elle plongea ses doigts encore plus profondément dans la guerrière et plus fort, sentant des muscles se durcir sous elle, sentant le courant déferler, approchant son sommet. Elle savait que ça ne durerait pas beaucoup plus longtemps… pour l'une comme pour l'autre. Son propre centre lancinait en même temps que les pulsations sous ses doigts.

 

Xena n'arrivait plus à voir, plus à respirer ni à entendre… Son sang s'accumulait dans ses oreilles en un rugissement assourdissant et ne voyait que des étoiles exploser derrière ses paupières, rationnellement consciente qu'elle avait besoin de respirer. Elle s'en fichait. Elle était proche, si proche…

 

S'il te plait… Par les Dieux, S'il te plait…

 

Ses hanches se levèrent encore et ses mains agrippèrent les lattes de la tête de lit si fort que ses articulations en étaient devenus blanches. Ensuite elle le sentit, sentit le courant commencer à monter à l'intérieur d'elle.

 

" Oui… " respira Gabrielle contre son humidité. " Je t'aime tellement, Xena . "

 

Chaque muscle dans le corps de Xena devint rigide tandis qu'elles deux attendaient ce court instant entre la montée et le fracas d'un tsunami…

 

Un plongeon de plus dans ses profondeurs et Xena lança son cri ; les lattes abimées craquaient sous la pression de ses mains qui s'y tenaient fermement, luttant contre la force de son orgasme.

 

Gabrielle grogna quand l'eau de crue fit rage sous sa bouche et sa langue dansait dans le déluge, prolongeant la délivrance de la guerrière aussi longtemps que possible. Elle éloigna enfin sa bouche, laissant ses doigts à l'intérieur, et poussa un cri quand elle glissa les doigts de son autre main entre ses propres jambes. Sa délivrance simultanée étant refusée, elle était déterminée à finir le travail elle-même.

 

Des doigts forts et durs saisirent son poignet.

 

" Non ", dit Xena d'une voix enrouée, encore hors d'haleine. Elle renversa leur position, la plaçant en dessous d'elle et couvrit son corps qui se tortillait avec le sien, tirant sur ses mamelons durs avec sa bouche chaude.

 

Gabrielle poussa un cri de frustration extatique et ouvrit grand ses jambes, les croisant au dessus de hanches broyantes (o_O euh …), essayant de rapprocher Xena encore plus contre elle. La guerrière approcha ses lèvres près de l'oreille de sa partenaire, une main se glissant entre leurs corps.

 

" S'il te plait, laisse-moi entrer ", respira-t-elle. Son cœur tambourinait à l'intérieur d'elle et elle ondulait en même temps que la jeune femme, leur lit devenant un bol de terre retenant leur mer agitée et turbulente.

 

" Dieux…Oui… "

 

La barde plia ses doigts autour de ceux de Xena et les guida vers son centre. Avec un cri désespéré, elle enfonça ses longs, longs doigts à l'intérieur d'elle et Xena sombra dans ses profondeurs, aussi impuissante qu'une pierre. Sa main, encore tenue par des doigts minces, s'engouffra de plus en plus profondément tandis que le tonnerre les secoua et sa barde et mer entrait en collision avec elle encore et encore.

 

Le corps de la barde était en surchauffe. Sa respiration sanglotait et elle grognait à chaque fois que Xena plongeait à l'intérieur d'elle. Elle sentait qu'elle perdait contrôle d'elle-même et elle voulait que cette impression ne cessât jamais.

 

" Oh…dieux…Xena…s'il te plait…s'il te plait…dieux…Xena…maintenant! "

 

Xena obéit à la maîtresse de son cœur et glissa un autre doigt à l'intérieur, entrant dans Gabrielle avec toute la force de son amour, libérant les éclairs emprisonnés dans son corps…

 

Gabrielle cria quand la force de l'éclair libéré la traversa, la secouant jusqu'au bout des ongles. Elle continua à appuyer sur la main de Xena à l'intérieur d'elle encore et encore de telle manière qu'elle pouvait sentir son propre nectar sur ses doigts, renouvelant sa faim.

 

" Ne t'arrête pas ", cria-t-elle, et Xena, un peu étonnée par le besoin sexuel déchainé de la barde, n'hésita qu'un seul instant avant de grogner et de plonger de nouveau à l'intérieur avec une intensité revigorée. Elle embrassa la peau de la barde et suça son point de pulsation qui palpitait sous ses lèvres comme les ailes d'un colibri.

 

" Doux dieux! ", s'écria la barde qui sentait sa peau se faire mordiller presque douloureusement.

 

Les dernières défenses de Xena chavirèrent et elle se laissa aller, s'enfonçant de plus en plus profondément, appuyant sa bouche contre la clavicule de la barde jusqu'à sentir le goût acidulé de sang qui lui était familier. Elle éloigna ses lèvres et regarda la marque violette se colorer sur la peau de la barde avec une fierté sauvage.

 

" Viens pour moi, Gabrielle…viens… "

 

" Oui…oh!…Ouiiiii… "

 

Le corps entier de Gabrielle se cambra et son centre se mit à battre puissamment autour des doigts de Xena, en synchronisation avec leurs cœurs palpitants.

 

Xena s'effondra sur son amour, luttant pour retrouver sa respiration, ses doigts immobiles et profondément à l'intérieur d'elle. Elle posa sa tête sur Gabrielle, sur son abdomen qui se soulevait et Xena sentait son cœur déborder d'émotions, voulant que ce moment ne s'arrête jamais. Elle faisait naufrage dans leurs vagues apaisantes jusqu'à ce qu'elle se retrouve, bien après, propre, sur le rivage de la barde.







Depuis le 02/11/2008