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Xena ouvrit ses yeux et découvrit la chambre en train de baigner dans de la lumière couleur ambre pendant qu'une brise nocturne entrait par la fenêtre ouverte en dansant. Les odeurs fumées et riches et des feux en cuisine et de terre fraîchement labourée entraient avec la brise et elle se reposa sur son coude et regarda par la fenêtre, regardant passer les villageois solennels qui s'occupaient de leurs rituels nocturnes.
Elle réalisa que l'odeur de terre labourée voulait dire de nouvelles tombes et qu'elle ressentit une pointe temporaire de remords de ne pas être dehors à aider à la reconstruction de ce petit village très abîmé qui avait tant souffert aux mains de son ennemi. Mais ses remords disparurent doucement en entendant un soupir sortir de la bouche légèrement ouverte de la femme qu'elle tenait entre ses bras.
Un petit sourire apparut sur la bouche de Xena et elle baissa sa tête et embrassa Gabrielle sur la tempe. Une seule question se promenait nonchalamment dans son esprit…
Pourquoi avons-nous tant attendu pour faire cela ?
Après cette matinée tellement incroyable, c'était difficile de se souvenir de la profondeur de ses peurs. Lui avaient-elles vraiment serré le cœur, l'empêchant presque de respirer ? Avaient-elles vraiment le pouvoir de cacher les étoiles, la conservant dans le noir pendant tout ce temps ? Cela lui semblait dorénavant ridicule. Et si loin.
Un sourire encore plus grand apparut sur le visage de Xena tandis qu'elle contemplait les douces courbes de la barde qui dormait.
Je n'arrive pas à croire que j'avais peur de t'aimer, pensa-t-elle en baissant sa tête pour distribuer de nouveau un tendre baiser. Elle fut interrompue par quelqu'un qui frappait à la porte avec hésitation.
Elle leva les yeux, agacée, et caressa l'idée de ne rien dire, sachant qu'Annis, dont elle avait entendu les pas de l'autre bout du couloir, n'allait probablement pas interrompre le sommeil de la Princesse Guerrière. A la place, elle recouvrit Gabrielle et elle-même du drap et entrelaça ses longues jambes avec celles de la barde, plus petites, dans une démonstration spontanée de possessivité.
" Entrez. "
La porte en bois s'ouvrit très légèrement, deux grands yeux marrons regardèrent nerveusement à l'intérieur de la chambre. Xena posa ta tête sur une main et de l'autre fit un geste à Annis pour qu'elle rentre dans la pièce sans faire de bruit. La porte s'ouvrit plus et dévoila la jeune femme, qui rougissait, un panier à la main.
" Il y quelque chose qui ne va pas ? C'est Taren ? " Regarder la jeune femme tenter de ne pas balader ses yeux intéressés sur tout le lit amusait beaucoup Xena. Le visage d'Annis, déjà rouge, se colora davantage tandis que Xena posait sa main sur l'épaule de Gabrielle.
" Annis? "
La jeune femme sursauta. " Oh…euh, non. Elle va bien. Euh… Elle se repose. Elle… euh… M'a envoyé vous amener à manger. "
La guerrière pouvait à peine se retenir de rire. Elle était de très bonne humeur et, pour quelconque raison, taquiner cette fille ne faisait que renforcer son hilarité. Elle commença à balader ses doigts le long du bras de Gabrielle. La barde endormie ronronna de plaisir et les yeux d'Annis s'agrandirent à en être la taille de dinars.
" Tu peux le laisser sur la table ", dit Xena, dirigeant la jeune fille d'une inclinaison de la tête. " On mangera plus tard ", ajouta-t-elle diaboliquement.
Xena pensa que la fille allait s'évanouir juste là. Elle se dépêcha de poser le panier sur la table puis se retourna brusquement, manqua de faire tomber une chaise en partant à toute vitesse de la chambre. La porte se ferma fermement derrière elle.
La guerrière secoua la tête; elle se retenait de rire tout fort mais son corps tremblait. La main qui caressait le bras de Gabrielle était étendue sur le flanc de la barde.
" Eh ", vint ce marmonnement endormi. " Qui t'a dit d'arrêter? "
Xena se demanda pendant un instant de quoi Gabrielle parlait, puis gloussa et passa le bout de ses doigts sur sa peau douce.
" Ah, tu aimes ça, n'est-ce pas? ", demanda-t-elle, frottant son nez contre ses cheveux roux et dorés.
" Mmmmmhmmm… " Ses lèvres rosées se transformèrent en un mignon sourire, mais des yeux verts restaient obstinément fermés. Pendant un long moment, Xena pensait que la barde s'était de nouveau endormie. Puis, Gabrielle chuchota, si doucement que Xena eut du mal à l'entendre, : " Je suis tellement amoureuse de toi. "
Des larmes inattendues et non désirées inondèrent les yeux de la guerrière et elle les ferma en serrant ses paupières, pour essayer de les faire fuir.
" Et je t'aime, ma barde ", dit-elle, embrassant le haut de la tête rousse blottie sous son menton. " Je suis désolée ", continua-t-elle. " Je regrette de ne pas te l'avoir dit plus tôt. "
" Tu t'en sors très bien maintenant. Continue le bon boulot ", dit Gabrielle en souriant. Quand elle n'entendit pas le gloussement qu'elle attendait, la barde se força à ouvrir les yeux et releva sa tête pour voir l'air peiné de Xena.
" Xena ? "
La guerrière ouvrit ses yeux qui piquaient. Tout s'effondrait à l'intérieur d'elle et elle ne pouvait pas l'empêcher, elle ne pouvait pas se battre, elle ne pouvait rien faire.
" Il allait… Dieux, il aurait… " Sa voix craqua et elle ne put finir, les mots lui étaient indicibles.
" Non, Xena ", dit Gabrielle, se tournant rapidement dans les bras de Xena, posant ses mains de chaque côté du visage accablé de douleur de la guerrière, ses pouces essuyant les larmes aussi vite qu'elles tombaient. " Chuuut… tu l'as arrêté. Tout va bien…tout va bien maintenant. "
" Taren l'a arrêté! ", dit Xena avec intensité. " Je l'ai formé ! Je l'ai torturé jusqu'à ce qu'il devienne un monstre ! Avant cette nuit-là dans le camp, il n'était qu'un capitaine comme un autre, comme n'importe quel soldat. Il ne violait jamais ! Il ne prenait même pas les filles volontaires qui tournaient autour des autres hommes comme des mouches. Tu ne vois pas ? C'est de ma faute ! "
Gabrielle serra les lèvres, se rendant compte qu'elle avait besoin de choisir ses prochaines paroles avec attention.
" Peut-être… que tu l'as formé, Xena… " Elle fit une grimace quand elle vit la peine profonde dans ses yeux bleus et en larmes. " … mais pas en le torturant. Je pense qu'il… s'est cassé… à l'intérieur avant même que tu ne le touches. "
" Quoi? " Les larmes de la guerrière s'arrêtèrent lentement et ses sourcils se froncèrent. " Comment ? "
" Je pense qu'il t'aimait. "
Voilà, c'était dit. Maintenant, elle ne pouvait qu'attendre les conséquences, quelles qu'elles soient.
Il se trouva que ce fut de l'incrédulité.
" Quoi ?! "
Gabrielle reprit son souffle qu'elle ne pensait pas avoir retenu. Se souvenant de l'histoire que Xena lui avait raconté après l'embuscade, elle essaya de s'expliquer.
" Réfléchis-y. D'abord, il ne violait pas ni ne prenait les filles volontaires. Il portait tes couleurs même après que tu lui aies ordonné de ne pas le faire. Tu as même dit qu'il était resté dans ton armée après que tu l'aies humilié, rétrogradé, et fouetté. Pourquoi ? Pourquoi ferait-il ça ? "
Xena ne répondait pas, ses yeux étaient distants, se rappelant de petites choses, de minuscules choses qui soudainement avaient une autre valeur.
La femme aux yeux verts continua doucement : " Et tu m'as aussi dit qu'il avait égorgé les autres qu'il avait tués cette nuit là, n'est-ce pas? "
Sa réponse ne fut qu'un signe distrait de la tête.
" Mais il visait ton cœur. "
C'est ce qu'il avait fait évidemment. Xena n'y avait jamais pensé, plus préoccupée par le fait qu'un de ses soldats avait essayé de la tuer, plus préoccupée par le fait qu'il fallait s'en occuper. Est-ce que Gabrielle avait raison ? Est-ce que Phorcys l'aimait ? Est-ce que sa motivation pour tuer cette nuit-là venait d'un désir de lui découper le cœur à cause de sa non réceptivité ou venait-elle d'une vengeance à cause du traitement cruel qu'elle lui avait fait subir ?
Elle soupira. " Je n'y ai jamais- "
" - pensé du tout ", finit la barde. " Je sais. Merci aux Dieux que certains d'entre nous, qui sommes amoureux, et cela non réciproquement, de la guerrière, avons toujours notre innocence. Autrement la queue pour voir Hades serait très longue en ce moment. " Ses yeux brillaient d'une humeur impénitente.
" Ah vraiment ? ", gloussa la guerrière tandis que la barde se tourna de nouveau et se blottit en arrière, pressant son corps le long de celui de sa partenaire. " Et combien en aurais-tu envoyés voir Hades sans leur innocence comme protection ? "
" Après trois ans pendant lesquels je t'ai désirée si fort que même mes cheveux me faisaient mal ? Tu plaisantes ? Au moins quatre mille. Peut-être cinq. "
Xena ria, le son joyeux emplissant la pièce. Elle enveloppa son bras autour de l'abdomen de la barde et la rapprocha contre elle, frottant son nez contre son cou et disposa des doux baisers le long des muscles de l'épaule sous elle.
" Qu'ai-je fait pour te mériter? ", demanda-t-elle.
" Ah, comme d'habitude ", chuchota Gabrielle, se réjouissant de la bouche de Xena sur son corps. " Tu es née. "
" C'est tout? " La guerrière chuchota ceci dans l'oreille sensible de la barde et ensuite mordilla doucement son lobe. La main de Gabrielle se leva pour toucher le visage de Xena, ses doigts forts s'emmêlant dans les cheveux foncés.
" C'est tout, oui ", chuchota-t-elle, son pouls battant sous les lèvres errantes de la guerrière. " Bien que ça aide que tu sois incroyablement…mmm… délicieuse. "
La barde se raidit dans l'étreinte de la guerrière à l'instant même où ses mots quittèrent sa bouche. Ensuite elle enfouit sa tête dans ses mains, rougissant des pieds à la tête.
" Je n'arrive pas à croire que j'ai dit ça ", couina-t-elle.
" Moi non plus ", grogna Xena, ses doigts se précipitant sur des endroits chatouilleux de la peau pâle.
" Non ! Non ! Non ! " couina Gabrielle, gigotant rapidement. " Arrête ! Fais ce que faisais avant ! "
" Quoi ? Ca ?" Xena frôla le flanc de la barde avec ses doigts, doucement, légèrement; ses lèvres découvrirent un petit morceau de peau tendre derrière son oreille.
" Oui… Ca… ", respira la rouquine, un ronronnement de bien-être grondait dans tout son corps. Ses yeux se fermèrent tous seuls et se laissa aller à la merveilleuse sensualité qu'elle vivait.
" J'ai une meilleure idée ", murmura Xena. Des doigts longs et élégants glissèrent le long du flanc doux de Gabrielle, sur les courbes de sa hanche, sur son ventre plat et vers le bas… jusqu'à un certain…endroit.
Les yeux de Gabrielle s'ouvrirent d'un coup.
" Oooooh ", gémit-elle quand la guerrière plongea le bout d'un de ses doigts à l'intérieur de sa fente inondée, l'explorant avec douceur. Elle poussa un cri quand la sensation s'arrêta et cambra le dos pour rechercher ce contact. La main de Xena glissa légèrement au-dessus de sa cuisse et ensuite doucement vers le bas pour caresser la courbe musclée de son derrière.
Gabrielle sentit la guerrière collée contre son dos, remarquant à quel point sa peau était chaude contre la sienne. Ensuite une merveilleuse demande sortie des lèvres couleur canneberge.
" Relève tes genoux, mon ange. "
La barde, toujours couchée sur son flanc, fit ce qu'on lui demandait et releva ses genoux vers sa poitrine. Elle sentit les doigts de Xena derrière ses cuisses et était béatement consciente de la douleur presque insupportable qui consumait son centre. Des lèvres chaudes et mouillées trainèrent sur sa clavicule et le long de sa gorge.
Et juste avant de pousser un cri de désespoir, deux doigts incroyablement longs se glissèrent dans son centre soyeux.
" C'est mieux?, demanda Xena. Gabrielle pouvait sentir un battement de cœur marteler derrière elle et elle cambra son dos, essayant d'enfoncer les doigts encore plus profondément.
" Beaucoup…beaucoup… mieux ", répondit la barde, luttant pour respirer tandis que des doigts plongeaient lentement et profondément à l'intérieur d'elle. Sa respiration fut coupée quand un troisième doigt exquis fut ajouté. Ensuite le rythme était bien trop lent pour égaler les flots déchainés de lave qui traversaient son corps.
" Plus vite ", respira-t-elle. " S'il te plait… "
" Oh dieux, oui… " fut la seule réponse de la guerrière alors qu'elle capitula volontiers aux désirs de la barde.
Plus tard, beaucoup, beaucoup plus tard, après que le couple ait mangé, ait prit un bain, et se soit installé de nouveau sur le lit, entrelacées si près l'une de l'autre qu'il n'y avait même pas assez de place pour qu'un souffle d'air puisse passer entre elles, Gabrielle mit fin à un baiser profond et nonchalant et leva les yeux vers ceux de Xena qui clignotaient comme de l'argent à la lueur du feu.
" Je m'inquiète pour Taren ", dit-elle simplement.
" Elle est forte, Gabrielle. Ses côtes- "
" Non, ce n'est pas ça. Je suis sûre que ses côtes se rétabliront en un rien de temps. Je m'inquiète juste à propos de ce qui va lui arriver quand nous allons partir. Elle était apprentie pour son frère et- "
" Son frère est mort ", dit Xena calmement; ses yeux argent se foncèrent en un gris profond. " Le forgeron l'a trouvé un peu avant l'aube. Je l'ai dit à Taren. Je pensais que ce serait mieux si c'était moi qui lui apprenait. "
" Dieux ! Que va-t-elle faire ? " Les yeux de la barde s'emplirent de tristesse.
" S'occuper de l'auberge, je suppose. Elle est à elle désormais. "
Gabrielle secoua la tête. " Non, elle déteste cette auberge. Elle ne sera jamais heureuse ici. "
Quelque chose dans la voix de la barde montrait qu'elle avait d'autres idées. D'autres idées sur lesquelles elle avait probablement souvent et durement réfléchi. D'autres idées qu'elle mourait d'envie de raconter à Xena.
" Et tu sais où elle serait heureuse, ma barde ? ", demanda la guerrière, effleurant des sourcils froncés avec ses lèvres.
" Et bien, j'y ai pensé ", commença Gabrielle, toute excitée, et qui faisait des gestes avec ses mains contre le dos musclé et fort de Xena pendant qu'elle expliquait son plan.
Xena souriait et laissa la voix soyeuse de la barde se dérouler autour elle, s'enveloppant des mots et des inflexions qui formaient comme une musique fluide qu'elle pouvait vraiment sentir sur sa peau et dans son sang. Le plan était important, vraiment. Xena savait que l'idée de la barde serait très bonne. Elles l'étaient tout le temps.
Non, la chose la plus importante était que son corps entourait celui de la femme qu'elle aimait. Et la voix, qui avait bercer son cœur pendant si longtemps avec ses sonorités si chaudes à chaque feu de camp qu'elles avaient partagées, flottait vers ses oreilles attentives à moins d'une longueur de main d'elle.
Merci dieux.
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