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Elles sont restées quatre jours de plus.
Quatre jours que j'ai passés séquestrée dans ma chambre pendant qu'elles apprenaient à se connaître, mais j'essayais de ne pas y penser, par respect. Quatre jours calmes qui me montrèrent la guérisseuse qu'était Xena et la talentueuse narratrice qu'était Gabrielle tandis qu'elles me rendaient visite régulièrement pour m'empêcher de me défenestrer d'ennui.
Quatre jours qui leur ont permis de se faire une place dans l'histoire et le cœur de Galasia pour toujours.
Takis était venue me voir un soir après le dîner et m'avait raconté quelques histoires incroyables. Des histoires à propos de Xena qui avait reconstruit la porte de mon auberge et creusé la tombe de mon frère, refusant toute aide d'un grognement réservé. Des histoires à propos de deux légendes visitant chaque maison dans le village pour voir quelle aide elles pouvaient leur offrir pour réparer les dommages ou mettre fin à la souffrance.
La plupart des familles déclinèrent l'offre par fierté. Mais certains laissèrent la guerrière et la barde aider à réparer ce qu'elles pouvaient - une barrière déracinée par ci, une jambe cassée par là. Je pensai que ceux qui acceptèrent l'aide le firent davantage, car ils voulaient apaiser le sentiment de culpabilité que ces femmes cachaient à propos de l'attaque que parce qu'ils avaient vraiment besoin d'aide.
Cela fonctionna assez bien.
A l'aube du cinquième jour, le jour où elles partaient, j'en avais assez de rester au lit et je me faufilai à l'étable. Mes côtes étaient plus contusionnées que cassées et j'avais été cloitrée bien trop longtemps. Même pas les histoires de Gabrielle sur les amazones, qu'elle insista connaître vraiment, pouvaient dissiper l'immobilité absolue de cette petite fosse aux murs recouverts de bois.
En plus, j'avais besoin de préparer Argo pour leur voyage. Je ne savais pas pourquoi exactement, je savais juste que j'avais besoin de le faire et cela semblait être raison suffisante.
Il faisait tiède, même à cette heure si matinale, mais la brise qui me chatouillait était légèrement fraîche et me prévenait que l'été était bientôt fini. Je souris tandis que je plongeai le seau dans le tonneau d'eau, pensant à l'automne et la récolte et à de nouvelles possibilités. En pensant à voyager vers le nord, vers un fil de destinée que je commençais seulement à entrevoir.
Je gardai cette pensée avec moi quand j'entrai dans l'étable.
" Salut ma fille ", chuchotai-je pour répondre à la salutation hennie d'Argo. " Tu as soif ? "
La jument secoua sa tête et s'ébroua gentiment et je levai le seau pour qu'elle puisse boire à sa soif. Quand elle eut fini, je posai le seau à mes pieds et lui présentai deux pommes que j'avais dérobées dans mon plateau de dîner le soir d'avant. Tandis qu'elle mâchonnait, je commençai à la préparer.
La brosser entièrement me prit un peu plus de la moitié d'une marque de bougie, premièrement parce que je suis impudemment distraite. Je passai plus de temps qu'il n'était nécessaire sur sa crinière et sa queue, les faisant briller dans la légère lumière qui entrait maintenant dans l'étable. J'envisageai brièvement de tresser les poils longs et argentés, mais préférai m'abstenir. Je savais que cela n'amuserait pas Xena, même si une espièglerie récente mais encore discrète pointait le bout de son nez avec hésitation.
Je finis de brosser Argo puis je lançai une couverture en laine sur son dos, puis la défroissai et la plaçai avec attention au milieu. Ensuite, j'eus plus de mal avec les rênes, car je ressentais un pincement sur mes côtes. Je pris une profonde respiration et me préparai à soulever la selle, sachant que le pincement deviendrait une douleur à part entière, mais je m'en moquais un peu. Juste avant de forcer mes muscles à soulever la selle, deux bras incroyablement longs apparurent de chaque côté des miens; des mains fortes saisirent la selle et la soulevèrent avec soin sur le dos d'Argo.
Je ne bougeai pas, la pressant de ne rien dire. Je voulais juste continuer à faire semblant. Je ne voulais pas croire que cela serait la dernière fois que je les voyais. Je soupirai, me rendant compte de cette futilité, et une main agrippa mon épaule d'une tacite compréhension.
" Dis-moi juste un truc, d'accord? " Je me tournai, anticipant tout ce que la guerrière réticente pourrait dire, espérant que mon sourire triste cachait les larmes que je sentais monter jusqu'à mes yeux.
" Bien sûr. "
" Qu'est-ce qui nous pousse à nous mettre entre elle et le danger qui semble la suivre partout ? Je ne comprends vraiment pas. " Je me frottai le côté pour souligner ma remarque.
Un petit rire étouffé de surprise et un scintillement de yeux bleus furent ma seule réponse.
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