Something more than this

Chapitre 3




"Elle n'est plus comme ça tu sais" dit Gabrielle alors que je l'aidais à monter l'escalier. "Et tu n'as pas besoin de m'aider. Je peux me débrouiller". Elle s'appuya sur son bâton qui était trop balafré pour être une canne.

"Vous êtes blessée et vous êtes une invitée de l'auberge de ce village. Ca fait parti du service. Quand au reste, ce n'est pas mes affaires"

"J'ai vu les hommes nous regarder et j'ai vu ton visage quand j'ai dit son nom. Elle n'est plus un seigneur de guerre. Elle aide les gens maintenant. Des gens qui ne peuvent pas se débrouiller seuls"

"Comme vous ?" La question était sortie de ma bouche avant que je ne puisse l'arrêter. Des yeux verts s'élargirent avec indignation à la remarque.

"Elle m'a peut-être sauvé des marchands d'esclaves il y a deux ans mais je voyage avec elle depuis. Je peux prendre soin de moi ! Et je prends soin d'elle parfaitement !" Elle trébucha alors qu'on s'approchait de la porte de leur chambre et je remarquais une tâche rouge fraîche sur son bandage.

"On dirait que vous avez besoin de soins maintenant" dis-je sévèrement, en poussant la porte pour l'aider à rentrer. Nous avons seulement fait quelques pas vers le lit quand elle s'arrêta, contemplant la chambre avec des yeux incrédules. Elle regarda partout, du feu dans la grande cheminée des fleurs fraîches sur la table dans le coin. J'avais été très occupée ce matin.

"La chambre ne vous plait pas ?"

"Non, non" dit-elle "C'est bien. C'est juste… je veux dire… je ne me rappelle pas de la dernière fois où nous avions eu une chambre aussi grande" Je l'aidais à s'asseoir sur le bord de grand lit en plume et elle passa sa main sur la couverture, souriant pour la première fois depuis que je l'ai vu. Son sourire m'ensorcela complètement. Il était brillant et pur, comme les rayons du soleil au matin.

"En fait, je ne me rappelle pas de la dernière fois où j'ai dormi dans un lit" Elle me regarda d'un air fatigué, ajoutant "Nous faisons d'habitude notre campement dans la forêt ou nous dormons dans des étables"

"Ca a l'air mieux qu'une vieille auberge". Je souris, pensant à comment ça devait être merveilleux de voyager dans le monde et de ne pas être attaché à quelqu'un ou quelque chose.

"Tu n'aimes pas être aubergiste ?"

"Pas spécialement. Trop inactif. Jamais beaucoup de clients sauf lorsqu'il y a de grands festivals autour. Mais ce n'est pas comme si j'avais le choix, n'est-ce pas ?"

"Qu'est-ce que tu veux dire par là ?"

"Je suis apprentie pour mon frère. C'est à lui l'auberge. Il m'a dit que je lui devais ça parce que j'avais refusé de me marier comme les autres filles. S'il ne pouvait pas avoir une dot avec moi, il pouvait me faire travailler. C'est un arrangement juste"

"Juste ?" demanda-t-elle, ne semblant pas d'accord. Avant que je ne puisse répondre, elle se tint le côté avec peine.

"Vous devez vous coucher madame" dis-je, accrochant ses sacoches sur le dossier d'une chaise. Je me penchais pour l'aider avec les lacets de ses chaussures.

"Comment viens-tu de m'appeler ?"

"Pardon, madame ?"

"Madame. Arrête ça. Je ne suis pas une dame. Je suis juste une barde" La femme était clairement irritée.

Je retirais les couvertures et l'installais contre les coussins fraîchement rembourrés.

"Une dame n'est pas toujours née de parents royaux" Je souris malgré son regard.

"Bien, mon père est juste berger à Poteidaia, alors tu peux m'appeler Gabrielle"

"Peu importe madame Gabrielle. Est-ce que vous voulez manger ? J'ai un magnifique bouillon en bas et le pain devrait être prêt dans quelques minutes. Je peux vous apporter un plateau quand je ramènerais le nouveau cataplasme pour vos blessures"

La mention de la nourriture la distrait de mes formalités et elle me fit signe avec enthousiasme, en soupirant "J'ai presque oublié ce qu'était un petit déjeuner. Je fais rarement ça" Puis elle réalisa comment je l'avais appelé. "J'ai dit de m'appeler Gab…"

Je m'échappais de la pièce avant qu'elle ne puisse finir de protester.