Something more than this

Chapitre 5




Xena ferma la porte derrière la gérante de l'auberge et se tourna pour voir Gabrielle en train de reposer la tranche de pain à moitié mangée qu'elle mastiquait bruyamment. Un regard inquiet fit se froncer un des sourcils de Xena qui s'avança près de la barde.

" Tu n'as pas faim ? ", demanda t'elle doucement.

Gabrielle voulait mentir et dire à la guerrière qu'elle savourait simplement son repas, mais à regarder ces yeux bleus inquiets, elle changea d'avis.

" Je pensais que j'avais faim mais quand j'ai commencé à manger… " Elle soupira de frustration, de faiblesse, et posa brusquement sa tête sur les oreillers derrière elle.

Xena s'agenouilla immédiatement à côté du lit et posa sa main froide sur le front chaud de Gabrielle. Elle fit défiler des jurons novateurs qui auraient sûrement choqué la barde si elle les avait dit tout haut. Gabrielle vit que les lèvres de Xena se serraient légèrement et que son regard se durcissait.

" Ma fièvre est revenue, n'est ce pas ? "

Xena acquiesça doucement.

" C'est bien ce que je pensais. ", continua la barde en fermant ses yeux, apitoyée sur elle-même. " J'ai l'impression que ma tête a été fourrée avec de la laine et des abeilles. "

La main de Xena s'attarda et changea de place pour toucher la joue de Gabrielle et lui fit tourner la tête pour lui faire face, attendant que Gabrielle la regarde. Quand elle le fit, la confiance et l'ouverture d'esprit qui brillaient dans ses magnifiques yeux couleur jade la firent presque suffoquer. Cela la surprenait, comme toujours. Cela la surprenait et plus encore… Elle enleva vite sa main du visage de la barde et dit d'un ton bas et monotone : " Tu vas devoir prendre plus de ce mélange d'herbes que tu n'a pas aimé. "

Gabrielle acquiesça et ne protesta pas… et si Xena n'était pas inquiète avant, elle l'était à 100% maintenant. Gabrielle se plaignait tout le temps à propos des concoctions immondes de Xena. Tout le temps. Pendant qu'elle fouillait les sacs pour trouver son kit de soin, elle jura encore et cette fois-ci, Gabrielle l'entendit.

" Je suis désolée, Xena. ", elle chuchota. Elle regardait Xena en train de mélanger les herbes d'une main experte, et ensuite les jeter dans une tasse avant de verser du thé brûlant dessus. Une odeur relevée remplit la pièce.

" A propos de quoi ? ", demanda Xena, en lui apportant sa tasse. Elle l'aida à prendre la première gorgée ; elle adorait secrètement la façon dont le nez de Gabrielle remontait en faisant des plis à cause du mauvais goût.

" Je sais que nous ne pouvons pas nous permettre d'être dans cette chambre ou de rester coincées ici pendant une semaine ou - "

Xena mit deux doigts sur ces lèvres babillardes, en essayant d'ignorer un moment la conséquence de ce contact, des frissons qui voyageaient dans son bras.

" Je ne peux pas me permettre d'avoir une Reine des Amazones malade sur les bras ", réprimanda t'elle gentiment. " Ephiny m'écorcherait vive si elle croyait que je ne m'occupais pas correctement de toi. "

Cette phrase fit rire Gabrielle. " Oui, c'est ça ! Même si tu étais aveugle et unijambiste, Ephiny ne pourrait pas t'attraper ! "

Xena fit un petit rire. " C'est vrai, " accorda t'elle. Soudain, son visage devint sérieux. " Mais on ne parle plus à propos de ne pas pouvoir se permettre ceci. Je m'en fous de l'argent ou du temps. Compris ? " Elle serra doucement le bras de la barde et le secoua, essayant de la convaincre. Elle n'avait pas besoin car Gabrielle avait déjà gravé ces mots dans sa mémoire, pour les savourer plus tard.

" J'ai compris. "

La guerrière acquiesça et desserra sa main. " Bien. Maintenant finis ça ", dit-elle, en montrant la tasse de thé qui se refroidissait.

" D'accord. " Gabrielle fixa le liquide marron et soupira, et ensuite en avala avec obéissance.

" Beuuuuuurk ! " Elle fit une dramatique grimace. " Mon dieu Xena, tu racles le fond de la rivière pour avoir ça ou quoi ?

" Gabrielle… "

" Je sais, je sais. Je le finis, tu vois ? " Elle prit une nouvelle gorgée. " Beurk, beurk, beurk. ", ajouta t'elle.

Xena fit juste un petit rire, s'installant dans une de ces chaises à haut dossier avec son épée sur ses genoux, passant la pierre à aiguiser sur la lame avec un rythme non changeant.

Quand elle leva les yeux de son épée un peu plus tard, elle trouva Gabrielle endormie, la tasse dangereusement suspendue à sa main ballante. Xena reposa vite son épée et s'empara d'un geste vif de la pièce de poterie avant qu'elle ne tombe par terre, souriant de façon victorieuse. La synchronisation, c'est l'essentiel, pensa t'elle.

Elle regarda ensuite Gabrielle dormir confortablement dans le grand lit et réalisa à quel point ces mots étaient vrais. Comme n'importe quel jongleur de couteaux dans une agora, Xena avait manipulé la synchronisation beaucoup, beaucoup de fois dans sa vie. Pour lui donner l'avantage pendant une bataille ou des négociations, pour sauver sa vie ou en supprimer d'autres. Mais ce moment, celui qui l'avait directement mené vers le chemin de cette courageuse petite barde sans peur, combattant des marchands d'esclaves près de la rivière, près de chez elle - pour ceci, je ne pouvais pas m'attribuer le mérite. Non, cela avait été de la chance, purement et simplement de la chance, le destin. Et elle pris conscience que la synchronisation faisait tout, parce que le moindre éclat fougueux de cela avait apporté cette magnifique femme dans sa vie.

Elle borda Gabrielle dans le lit et s'assit sur le bord du lit, pour une fois laissant sa main caresser le visage de la barde.

" Rétablis-toi vite, ma barde ", chuchota t'elle. Le côté possessif de ses paroles lui plaisait plus qu'il n'aurait dû .